vendredi 19 novembre 2010

Les Nantis

Des hauts quartiers cousus de fils d'or
montent les hurlements des porcs
coulant de graisse suintant les morts
trinquant dans la joie et la négresse
gorgés de vice et de richesses
à jeter les restes au caniveau
pour refiler à leurs pourceaux
la bienséance d'être obligeant
envers ces braves mais pauvres gens

qui ne savent pas vivre évidemment
vomissant la bile à toute heure
sur les garants de leur labeur
que c'est ingrat de souiller la fange
en crachant sur l'excrément qu'on mange
car c'est cela qui de porc en porc
nourrit la guerre et son effort
vaincra par la loi du moins mort
vaincus par la loi du plus porc

Ca braille dans les hémicycles
on est pas copain comme cochon
ici qui survivra verra
le règne des gras des moribonds
de la finance de la science
ça se gorge de méfiance
les uns les autres à bras le corps
ne se rencontrent entre verrats
que pour mettre à bas les tchadors

Voilà la nuit tombe sur nos fenêtres
qui sommes nous qui voulons-nous être ?
encore l’esclave, encore le maître ?
oiseaux de basse-cour et se repaître
de pauvres miettes de liberté ?
mais j’ai faim ô goret
mais nous avons besoins de nous envoler

dimanche 25 juillet 2010

La mer ou la mort

tout minots dans les ruelles il lui faisait voir sa vertu
il découvrait sa citadelle baptisant les terres inconnues
avec ce qu'il faut d'innocence c'étaient les premières ivresses
dans les vapeurs de brume épaisse ils partageaient leurs premiers mots
sans se soucier des brutes épaisses qui faisaient tinter leurs grelots
dans l'espoir vain qu'on les cajole c'est pas de l'amour quand on racole

s'ils faut prendre la mer
et la gueule dans les embruns
le sang bouillant à seau
pissant sur des montagnes d'eaux
ou à terre garder son cul
marié où pendu
va pour la danse des nues

à coup de dentelles et de brûlots finies les ruelles des premiers mots
il l'emmènera sur un bateau une coque de noix de sa bricole
ils seront les seuls matelots et la jeunesse n'a qu'une parole
même parafée à la picole dans les arrières salles de bistrots
où l'alcool coule sur les vestons dans les grognements des ivrognes
loupiots qu'ils sont dans leurs visions tandis que se tordent les trognes


causer ça remplit pas le frigo faut bien vivre les petits boulots
il partiront pêcher la chimère quand aura grossi leur magot
rêvons encore un petit morceau dans la houle d'un dernier verre
là sous les tables ça grouille à terre dans les relents de mauvaises bières
ils ne seront pas comme ces clodos à mourir chaque jour dans une chope
eux ils baiseront Amérigo et il feront valser Europe

s'ils faut prendre la mer
et la gueule dans les embruns
le sang bouillant à seau
pissant sur des montagnes d'eaux
ou à terre garder son cul
marié où pendu
va pour la danse des nues

à ne pas lever l'ancre les goémons ça pousse jusque dans le ciboulot
café du port c'est un beau nom pour deux rêveurs sans ambition
le travail c'est un démon qui vous met les couilles dans un étau
à servir les buveurs d'océan les années vous noircissent le sang
si les Juliette les Roméo ne vivent pas jusqu'à 20 ans
c'est qu'il faut partir de son vivant se marier c'est mourir trop tôt

s'ils avaient pris la mer
et la gueule dans les embruns
le sang bouillant à seau
pissant sur des montagnes d'eaux
à la terre se sont vendus
marié où pendu
va pour la danse des nues

lundi 14 juin 2010

Raoul

Combien de corps dans les ruisseaux
Combien de bile dans les caniveaux
Liquide blanc rouge ou mordoré
Qui nous fait voir les monts dorés
Sans y toucher

Et l’ivresse des bas fonds
Les corps en liesse les mots profonds
Les errances dans les blancs corsages
Les corps délaissant leurs images
Au profits de nos bas instincts
Désentravés du dédain

Crasse sur les démons de l’excès
Face à ses sermons caressés
Les péchés les morsures
De la vie qui n’est pas si dure
Qui dure au point de l’indécence
Encore une goutte et c’est l’absence

Et les vagues dessinant des silences
Et puis des cris et plus de sens
Pour un voyage en carrousel
L’oubli puis les bras d’une belle
La vie ne repousse pas
Pour qui voudrait la planter là

Et si ce n’est pas elle
Qui nous enivre
Il y aura une autre bouteille à suivre

Rayon boucherie

Je l’ai croisée au supermarché
Elle avait une robe bleue comme son petit panier
Elle avait le visage d’un ange
En palpant de ses jolis doigts une orange
Elle avait de jolis petits seins
Qu’on aurait tenus dans une main
Et une bouche rouge cerise
A croquer sans gourmandise

J’avais envie de poser genou à terre
Devant le rayons des camemberts
Lui dire t’es la huitième merveille
Juste après la bière et le sommeil

Je tournais en rond
De rayon en rayon
La cherchant de mes yeux
Elle s’en foutant un peu
Elle n’aura sûrement pas vu
Que moi j’avais bien vu
Qu’elle ne m’avait pas vu
Que j’avais la berlue
Devant ses beau pieds nus
Moi qui avais aperçu
Qu’elle était toute nue
Sous ses vêtements

Une de perdue...

T’en fais pas c'était une salope
T’en fais pas elle te manquera pas
Tire pas cette tronche mon gars t’en trouveras une autre
Une de perdue c'est une que tu perdras plus
Puis t'as quand même gardé sa culotte
Puis t'avais même pas payé pour celle-là
Arrête un peu de verser des litres de flotte
C'est un boudin toi tu valais mieux que ca

Bon d'accord maintenant elle est avec moi
Mais je suis un salaud toi elle te méritait pas
Tu sais c'est un peu pour toi que je le fais
Tu vois je fais un sacrifice de plus

J'te vois chialer, et tu sais ça me fait de la peine
On est des frères on peut tout partager
Tu voulais qu'elle soit heureuse, et ben tu vois c'est fait
T'as pas à te plaindre ton vœux est exaucé

Qu’est-ce-que tu fais joue pas avec ça
Si tu me tues, tu pourrais perdre un pote
J’le crois pas t'es vraiment un ingrat
Après tout ce que j’ai fait pour toi
Et allez donc rendre service aux potes
Ils vous le rendent c'est sur mais à coups de bottes
Moi je vous le dis y a plus de moralité
Y a plus un pote sur qui on peut compter

Vous en faites pas c'est toutes des salopes
Vous en faites pas elles vous manqueront pas
Tirez pas ces tronches vous en trouverez d'autres
Une de perdue c'est une de plus pour moi.

L'air con

Une marionnette à faire danser
Un coup de crayon pour voyager
Un pinceau fin pour faire du bien
Un plus épais pour faire rêver

Une chanson un petit air con
Pour faire bouger sous les balcons
Un air de guitare un peu bourrin
Pour faire sauter les galopins

c'est une chanson un petit air con
avec des mots un peu bidons
et des notes

Un petit coup d’accordéon
Pour faire tourner les Madelon
Une petite histoire un conte
Avec la voix de Gabin

Pour que le temps remonte
Jusqu’aux oreilles des gamins
Jeter trois balles en l’air
Pour mettre des couleurs sur terre

c'est une chanson un petit air con
avec des mots un peu bidons
et des notes

Et pis marcher sur les mains
Pour voir le monde a l’envers
Tous les jours faire son cinoche
Pour amuser les gavroches

Une aquarelle pleine de douceur
Ça fait voler tous les malheurs
Une histoire drôle un peu grivoise
Pour que les passants nous toisent

c'est une chanson un petit air con
avec des mots un peu bidons
et des notes

Un rire de fille dans un jardin
Pour sourire jusqu’au matin
Un petit baiser à un paumé
Ça le fait chavirer

Georges

J’aimerais pouvoir te parler du hasard
Et de nos choix qui font qu’il n’existe pas
J’aimerais pouvoir discuter avec toi
De la faim du froid qui indiffère le bourgeois
J’aimerais pouvoir te parler de tout ça
Mais toi tout ce qui t’intéresse c’est les caresses
C’est les caresses

J’aimerais bien te voir t’intéresser
A mes occupations mes lubies mes passions
J’aimerais bien que tu t’occupes un peu
De quelqu’un qui ne soit pas je je je
J’aimerais bien que tu fasses ces efforts
Mais toi tout ce que tu veux c’est que la vie soit un jeu
Que la vie soit un jeu

J’aimerais pouvoir compter sur toi
Quand je ne me sens pas bien pour me serrer contre toi
J’aimerais te voir quand un autre te regarde
Montrer combien c’est à moi que tu tiens
J’aimerais te voir agir comme ça
Mais toi tout ce qui t’importe c’est que l’on sorte
C’est que l’on sorte

J’aimerais pouvoir te parler de mes doutes
De tout ce que je fais pour toi et combien cela me coûte
J’aimerais pouvoir partager avec toi
Tout ce que j’aime et tout ce en quoi je crois
J’aimerais que tu me parles des fois
Mais toi tout ce qui t’interpelle c’est ta gamelle
C’est ta gamelle.